Fitte Yvonne Marie - ep. Jésus-Prêt

Fitte Yvonne Marie - ep. Jésus-Prêt

Née à Espira-de-Conflent (Pyrénées-Orientales) le 18 mai 1915. Sans profession. Épouse de Robert Jésus-Prêt et mère de trois filles et d’un garçon nés en 1942, 1944, 1945, 1947). Militante des Jeunesses socialistes SFIO à Perpignan (Pyrénées-Orientales) avant 1940. Responsable, avant cette date, du mouvement des «  Faucons rouges  » des Pyrénées-Orientales. Milita successivement, après 1944, au Parti socialiste SFIO, au PSA, au PSU, à nouveau à la SFIO, puis au Parti socialiste auquel elle adhère toujours (1984).

Si Yvonne Fitte naquit à Espira-de-Conflent, petit village du bas Conflent, ses parents étaient originaires de Prats-de-Mollo (Pyrénées-Orientales), dans le haut Vallespir. En 1915, son père était facteur-receveur des PTT à Espira-de-Conflent. Sa mère n’exerçait pas de profession.

Sa famille était « de gauche », mais ses parents ne militaient pas. Elle fut baptisée et fit sa communion. Son père poursuivit sa carrière professionnelle, en qualité de vérificateur principal des PTT à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Montpellier (Hérault) et Perpignan (Pyrénées-Orientales) où il prit sa retraite. Yvonne Fitte fit sa scolarité primaire à Clermont-Ferrand et poursuivit ses études pendant quelques années à l’EPS de Montpellier. Elle fut reçue à l’examen du Brevet élémentaire. À Perpignan, elle fréquenta pendant quelque temps le cours privé professionnel Remington.

Dès l’adolescence, Yvonne Fitte eut des convictions politiques affirmées. En 1933, à l’âge de dix-huit ans, elle adhéra au groupe de Perpignan des Jeunesses socialistes SFIO où elle fit la connaissance de son futur mari, Robert Jésus-Prêt.

Elle s’occupa, dans le cadre des Jeunesses socialistes, du mouvement des «  Faucons rouges  ». Elle fut élue (4 septembre 1935) et réélue (6 janvier 1936) secrétaire correspondante de la « section catalane des Faucons rouges ». Selon le propre témoignage d’Yvonne Fitte, les «  Faucons rouges  » implantés à Perpignan et dans quelques autres communes des Pyrénées-Orientales (Saint-Estève, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Latour-de-France,...) recrutèrent pour l’essentiel dans la classe ouvrière, par l’intermédiaire de la Bourse du Travail de Perpignan. Responsable départementale des «  Faucons rouges  », Yvonne Fitte s’occupa plus particulièrement du groupe de Perpignan. En 1935-1936 ce dernier groupait une quinzaine d’ouvriers : d’après Yvonne Fitte le fils de Marcel Mayneris (voir ce nom dans le Maitron) était le seul enfant qui ne soit pas issu de la classe ouvrière. Les «  Faucons rouges  » — patronage laïque — organisaient régulièrement des sorties le jeudi. Pendant les vacances d’été, le mouvement organisa des camps de vacances à Err (grâce à l’aide du maire socialiste SFIO de cette localité de Cerdagne, Barthélémy Llédos (voir ce nom dans le Maitron) et à Prats-de-Mollo. Yvonne Fitte conduisit les «  Faucons rouges  » des Pyrénées-Orientales au rassemblement national du mouvement à Saint-Maur.

Yvonne Fitte se maria civilement avec Robert Jésus-Prêt le 13 janvier 1939.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Yvonne Jésus-Prêt se tint, comme son mari, à l’écart de l’action clandestine. Tout au plus eut-elle l’occasion d’aider sa voisine, Madame Noguès (qui « travaillait » pour une filière belge d’évasion vers l’Espagne), en hébergeant des fugitifs clandestins.

Après la Seconde Guerre mondiale, Yvonne Jésus-Prêt milita activement. Son itinéraire politique fut parallèle à celui de son mari. Elle milita d’abord dans les rangs du Parti socialiste SFIO. Elle siégea à la CAF de la SFIO des Pyrénées-Orientales à diverses reprises. Lors de la scission fédérale de la SFIO provoquée au début des années 1950 par le député Arthur Conte (le futur président de l’ORTF) elle soutint des positions « orthodoxes » aux côtés de Louis Noguères et de Léon-Jean Grégory.

En 1958, elle adhéra au PSA et, en 1960, au PSU. Elle milita en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Elle quitta le PSU en 1964 et revint à la SFIO. À partir de 1972 (année où elle perdit son mari), elle adhéra au Parti socialiste dont elle était toujours une militante active en 1984. Elle siégea à la Commission exécutive fédérale du Parti socialiste. Elle quitta cette instance dirigeante en 1976 après que le député-maire de Perpignan, Paul Alduy eut été exclu du Parti socialiste pour indiscipline lors d’élections cantonales dans le canton de Perpignan-Centre. Yvonne Jésus-Prêt désapprouva la manière dont Paul Alduy fut exclu du PS tout en comprenant fort bien les motifs de son exclusion. Elle siégea à nouveau à la CEF du PS à compter du congrès national de ce parti à Saint-Nazaire. En 1984 elle était toujours membre de cet organisme.

Yvonne Jésus-Prêt soutint les efforts de son mari, pionnier du mouvement des « Foyers Léo-Lagrange ». Elle assista à plusieurs congrès nationaux de ce mouvement. C’est dans ce mouvement qu’elle fit la connaissance de Pierre Mauroy, Premier ministre, avec qui elle se lia d’amitié.

SOURCES DU MAITRON : Le Cri socialiste, hebdomadaire de la Fédération socialiste SFIO des Pyrénées-Orientales, 7 septembre 1935, 11 janvier 1936. — Interview de Mme Yvonne Jésus-Prêt, née Fitte (Perpignan, 12 avril 1984).

A. Balent

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