Introduction (suite)

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Pourquoi en parler comme le fondateur ? Tout simplement parce que le rapprochement est facile entre son passé et ses activités de campeurs ou d’éclaireurs, et les activités (on le verra) des Faucons Rouges. Mais aussi parce que Foirier est le créateur avec Wally Grumbach de la structure de gestion des Faucons Rouges, les Amis de l’Enfance Ouvrière (AEO) qui deviendra le MEO, Mouvement de l’Enfance Ouvrière , regroupant toujours les amis des Faucons Rouges, parmi lesquels notamment Max Théret, le fondateur de la FNAC, pour accueillir la république de Dravell : c’est lui en effet qui, apprenant les intentions de Kurt Löwenstein, réalisa le projet de cette première république, aidé pour cela de toutes les personnes précitées.

Il faut d’ailleurs noter que de nombreux aides recrutés à la naissance du mouvement étaient issus tout comme lui du mouvement des campeurs rouges.

Une fois exposé le personnel propre au mouvement, il est important de s’intéresser au développement concret de l’implantation du mouvement. Car si la création des AEO eut une importance décisive, rien n’aurait pu être possible sans l’appui de la CGT puis des municipalités socialistes, on le verra plus loin.

Voilà brossé en quelques pages l’épisode de la création des Faucons Rouges en France, création qui, on l’a vu, s’inscrit dans le contexte que connaissent la France et l’Europe dans ces années 1920-1930. Il paraissait essentiel d’expliquer les origines, la légende comme la réalité, de connaître les hommes, les événements, car ils ont eu une importance décisive sur le mouvement en France.

On le verra en effet, il s’agit d’un mouvement de jeunesse original fondé sur une solide base idéologique, sur une sorte de loi qui lui est propre et qu’on peut assimiler à une transposition des principes du scoutisme de Baden-Powell à une idéologie socialiste, et surtout sur une conception de la pédagogie totalement originale à l’époque, largement issue d’un profond dégoût du système éducatif légal français. Cette base idéologique permet alors d’apporter une nouvelle interprétation, de donner une autre orientation à ses activités souvent proches du scoutisme ou plus originales qui apparaissent dès lors comme une application pédagogique d’un système de pensée.

Se remémorer les origines du mouvement sera aussi indispensable quand il faudra expliquer et comprendre pourquoi ce mouvement pourtant original, fut autant marqué tout au long de sa vie par des crises récurrentes, liées à ses soutiens de la SFIO, qui, d’un soutien informel, a étendu son aide à un patronage, et dont les décisions et désordres se répercuteront indiscutablement sur la vie du mouvement. Crises plus autonomes également, liées à un décalage progressif entre l’idéologie du mouvement et les nouvelles aspirations d’une classe ouvrière, crise morale, mais aussi des querelles d’hommes sur fond de problèmes de gestion et de difficultés financières.

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(juillet 2009) - Avancement

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